Le diagnostic sensible de territoire : mais qu’est-ce que c’est ?

Tom, responsable du diagnostic sensible de territoire
Tom, responsable du diagnostic sensible de territoire

Retour à l’origine du projet du Pôle du Tison : une expérience de terrain

C’est celle de François-Xavier Caillet, enseignant référent handicap au conservatoire de Poitiers. Atelier après atelier, il observe les effets de la pratique de la musique : elle crée du lien, libère des émotions, transforme les dynamiques des groupes et des équipes pédagogiques et encadrantes. Alors les créneaux se remplissent, et l’envie de pratiquer d’autres disciplines se fait sentir. Danse, théâtre, arts plastiques, chant… Les bénéficiaires veulent explorer, expérimenter, créer autrement.

C’est de ce constat, et de la rencontre d’autres artistes que naît le projet du Pôle du Tison. L’association voit le jour et se constitue d’une équipe d’artistes pluridisciplinaire. Aujourd’hui, le projet continue de se déployer.

Alors pourquoi mener un diagnostic sensible de territoire ?

À cette étape de développement du Pôle du Tison, se posent plusieurs questions : comment légitimer les constats faits sur le terrain par l’équipe artistique ? Comment s’assurer que le projet chemine dans la bonne direction ?

C’est tout l’enjeu du diagnostic sensible de territoire lancé avec Tom Grimaud, étudiant en M2 GAED à Nantes (Géographie, Aménagement, Environnement et Développement). L’idée est de dresser un panorama précis du maillage des structures médico-sociales et de l’offre culturelle et pratiques adaptées autour de Poitiers, dans un rayon de 30 à 40 kilomètres. Ceci pour en révéler les opportunités ou les manques en s’inspirant des démarches dites “sensibles” comme celles développées par la DRAC Grand Est en 2024.

La première étape de cette étude a été la phase de recherche bibliographique. Études existantes, données territoriales, rencontres avec les collectivités Poitiers, Grand Poitiers, Département de la Vienne, DRAC et ARS ainsi que les acteurs spécialisés dans l’étude du territoire : L’A (Agence Culturelle Nouvelle Aquitaine), la DATAR (Délégation à l’Aménagement de Territoire et à l’Attractivité Régionale), l’agence Ellyx (R&D et Innovation sociale)… Les données récoltées et contactées par Tom permettent déjà de dessiner les premières cartographie. Elles mettent en lumière le maillage des structures médico-sociales d’une part et culturelles d’autre part, mais aussi ses limites, notamment en matière d’accessibilité, d’offres adaptées et de mobilité.

La seconde étape se déroule, en ce moment, sur le terrain. Une trentaine d’entretiens sont menés auprès de toutes les parties prenantes du projet : bénéficiaires, familles, artistes, responsables et animateurs de structures médico-sociales, directions et chargés de projets culturel et de pratique artistique. Les informations issues des entretiens dit “qualitatifs” sont enrichis par des observations en immersion. On suit les parcours, on observe les déplacements, on comprend les obstacles concrets du quotidien des bénéficiaires et des artistes à la pratique artistique, plus ou moins adaptée. Enfin, pour apporter des informations chiffrées et confirmer ou infirmer des hypothèses émergées lors des entretiens, des questionnaires dit « quantitatifs » sont envoyés à un panel représentatif des structures médico-sociales et culturelles du territoire étudié.

Les résultats de cette phase de terrain permet d’apporter un regard humain et sensible aux cartographies constituées plus tôt et de construire d’autres outils : les “cartes d’expérience” et des “cartes d’empathie”, relatives aux personnes impliquées dans l’étude.

L’expression artistique des bénéficiaires et leur expérience font partie intégrante de l’étude “sensible” de Tom. Les ateliers menés par Marianne Magnard avec un groupe de résidents du Foyer Soleil Bleu et Louise Specq avec les adhérents du GEM La Cordée donneront lieu à des expositions dont les outils de médiations seront co-construits avec les participants.

Et demain, en quoi les résultats d’un tel diagnostic seront-ils un atout pour le Pôle du Tison et le territoire de Poitiers ?

La prochaine étape, dite de “benchmark”, viendra prolonger le travail. Elle s’appuiera sur les conditions de l’étude menée par Tom et les besoins identifiés. L’objectif est de décrypter des initiatives inspirantes, en France et au-delà, capables de répondre aux besoins repérés localement et de construire des pistes de solution.

Ce travail de quatre mois aboutira le 24 juin 2026, lors de la Fête de Chantier du Pôle du Tison. Une après-midi pour partager les résultats et les pistes de solution du diagnostic sensible de territoire, découvrir les pratiques artistiques, avoir un aperçu du lieu en devenir, et qui marquera le début d’une prochaine étape pour le Pôle du Tison.

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